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le 9 mai 2004
Article paru dans l'Est Républicain en page Région
Lorraine
Le grand bal de Folkstock
« Accrochez les p'tits doigts ! »... Le Groupe Sans
Gain célèbre en musique ses 40 ans.
NANCY. « Il y a quarante ans, ils ont eu la finesse
d'imaginer qu'il y avait un nom génial pour faire de la musique
», constate Jean-Louis Jossic. L'un des trois Jean de Tri
Yann constate qu'effectivement le Groupe Sans Gain porte «
un nom idéal », en ces temps où être professionnel
du spectacle est très intermittent.
Le nom était effectivement bien choisi, puisque depuis sa
création en 1964, le Groupe Sans Gain est une association
« sans but lucratif ». Composée actuellement
de seize copains lorrains, la bande s'offre un bel anniversaire
en organisant un festival, Folkstock. Deux longues nuits et toute
une journée de danse et de musique aux Arènes de Metz,
en ce week-end férié.
Une belle fête qui a pris des allures de grand bal folk, de
joyeuses farandoles, danseurs et danseuses main dans la main, une
grande ronde pour chanter « Joyeux anniversaire ». «
Avec le Groupe Sans Gain, vous avez appris toutes les danses de
France », rappelait Jean-Louis Jossic, puisque depuis quatre
décennies, les Lorrains organisent stages et initiation à
tous les pas et tous les rythmes.
Graeme Allwright à midi
« 1, 2, 3... », un air de violon et c'est parti. «
Accrochez les p'tits doigts ! », les Arènes messines
ressemblent à un fest-noz à la bretonne, avec cidre
à la buvette. « J'ai plus de doigt ! », sourit
une jeune danseuse, en quittant la piste. « On a même
réussi à faire un temps breton », sourit le
« PDG » (« père du groupe ») Jean-Paul
Milion.
Les Tri Yann qui étaient aux 20 ans et aux 30 ans sont logiquement
invités aux 40 ans des copains lorrains. Les troubadours
nantais ont joué vendredi soir leur « comédie
musicale », costumés, déguisés, Jossic
en mouette, plumes blanches et bec, costume dont il se déleste
au fur et à mesure de la soirée.
Les corsaires du folk ont repris quelques inusables classiques,
tels que « La Jument de Michao » ou « Les prisons
de Nantes », mais aussi la fameuse ballade irlandaise aux
multiples versions. Le texte breton est signé de Gilles Servat,
qui chantera à Metz aujourd'hui, tout comme Graeme Allwright
l'a lui aussi interprétée ; « La mer est sans
fin » chez Servat, elle est « immense » chez Allwright.
Vingt groupes cent vingt musiciens
« Il y en a plein d'autres derrière », disait
Tri Yann, avant de laisser la place au Groupe Sans Gain, dont tous
les anciens sont revenus faire un tour sur scène, comme la
violoniste Bernadette, seule musicienne de toute la bande. Effectivement,
en trois jours vingt groupes et cent vingt musiciens sont au programme.
Hier soir, il y avait les Bretons Sonerien Du, les Savoyards de
La Gélinotte, Pain d'Epices et « son violoniste fou
», ou encore l'Espagnol Carlos Nunez, le « Jimi Hendrix
» de la gaïta.
En cette seconde nuit de Folkstock, le temps de repos devait être
court, Free Folk Quartet devait animer le bal jusqu'à 6 heures
ce matin, et les Celtes d'Hudel rouvrent la fête à
11 heures ! Une heure plus tard, Graeme Allwright sera sur scène
avec des musiciens malgaches (voir programme ci-joint), puis suivront
Penn Gollo, le trio vocal Laïs (« de futures stars »),
le barde Gilles Servat, et en final bien sûr le Groupe Sans
Gain.
Ils joueront les danses de « Folk nuit blanche », leur
dernier album, et quelques morceaux du prochain, le dixième
depuis « Cire tes souliers », annoncé comme cadeau
de Noël 2004. Et ne devraient pas échapper à
leur « tube » : « En passant par la Lorraine ».
Patrick TARDIT
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