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le 04 mai 2004
Tri Yann: vent d'ouest sur les Arènes
Les gais lurons nantais viendront animer Folkstock vendredi
pour les 40 ans du groupe Sans Gain. L'un des "trois Jean"
se livre sur le dernier album, la scène, La Ferme et Miossec.
Notamment...
Tri Yann est souvent passé à Metz. Un souvenir?
Jean-Louis Jossic: "Que du bon. J'ai l'impression que les
gens de l'est et du nord ont plus le sens de la fête que dans
le sud. Nous préférons nous produire dans ces régions.>
Ici, la musique celtique n'est pourtant pas très développée.
Adaptez-vous votre répertoire en fonction des localités?
J-L J.: "Uniquement à Nantes où nous plaçons
quelques allusions locales. Mais un concert doit passer partout.
Et Tri Yann reste du théâtre chanté, du délirant.
Nous sommes attachés à l'esprit veillée et
l'adaptation dépend seulement des salles. Nous donnons davantage
dans le convivial pour les petits salles et dans le spectacle pour
les grandes scènes. En revanche, nous avions atteint la limite
au Stade de France. Un super concert vraiment, mais 35 000 personnes
sur 50 000 nous ont entendus. Les autres, nous ne les voyions même
pas. C'est une petite frustration.>
Reprenez-vous toujours les grands standards?
J-L J.: "Pas machinalement. Tout dépend de la notion
de plaisir. Certains morceaux sont abandonnés au pied du
rosier, d'autres retravaillés, comme Les Prisons de Nantes,
plus électrique aujourd'hui ou La Jument de Michao, qui n'a
plus grand-chose à voir avec la version d'origine. Et elle
s'essouffle encore, nous allons sans doute lui trouver une troisième
génération. C'est simple, si nous répondons
aux exigences du public, il sera content mais frustré, car
il n'aura pas eu de surprise. Il faut doser entre notre plaisir
et le sien.>
Parlez-nous du dernier album, Marines?
J-L J.: "Nous sommes étonnés, il sera sans doute
bientôt Disque d'Or. En général, nos albums
enregistrent des montées progressives. Lui, a décollé
de suite. Ce sera un dyptique d'ailleurs. Marines parlait de la
surface de la mer, des navigateurs; le second s'attachera aux fonds
marins, aux mythes de Nemo, des sirènes. Mais nous sommes
toujours inquiets à la sortie d'un disque. Contrairement
à la scène où un malaise est fugitif, un album
est figé.>
Vous êtes aussi conseiller municipal à Nantes,
en charge de la culture et du patrimoine. Un mariage surprenant.
J-L J.: "Mais passionnant. Défendre une ville, nous
l'avons toujours fait en musique. Les deux se rejoignent. J'aide
les élus à comprendre les artistes et montre aux artistes
que le dialogue avec les politiques est possible. C'est exaltant.>
A l'instar d'Elodie Gossuin, n'auriez-vous pas l'intention d'entrer
dans La Ferme?
J-L J.: "(rires) Sûrement pas! Je trouve cette émission
épouvantable. Je l'ai appelée La Ferme Calamités.>
Et que pensez-vous de votre compatriote Miossec, passé
à Florange ce mois-ci? Il est un peu l'antithèse de
Tri Yann...
J-L J.: "Il me fait penser à Dan Ar Braz ou Gérard
Manset, des gens qui n'aiment pas la scène, des agoraphobes
de la musique. Cela dit, nous avons un petit contentieux avec Miossec.
Il a dit à la presse que nous faisions de la musique pour
le fric. Nous étions sidérés par ce procès
d'intention! Depuis toujours, nous défendons les couleurs
bretonnes contre "l'oncle-Samisation". Faudra qu'il nous
explique! Mais je l'estime, il écrit bien, malgré
ce côté introverti bougon.>
Restons sur scène. Parlez-nous de Folkstock.
J-L J.: "Nous allons reprendre huit morceaux du dernier album,
de moins en moins de standards. Et comme d'habitude, nous serons
costumés. Moi, je serai déguisé en goéland,
les autres en Corto Maltese, Rackham le Rouge ou en gratteur de
mazout. En voilà un dans l'ère du temps.>
Pour finir, un petit mot sur le groupe Sans Gain?
J-L J.: "Eux, ils sont pires que nous! Avec nos 34 ans, on
nous appelle les vétérans du folk. Moi je réponds:
Non, il y a le groupe Sans Gain qui fête ses 40 ans! Des gens
adorables, complices de toujours. Nous venons quand ils veulent.>
Ch. J.
Paru le : 04/05/04 (Metz / Actualité)
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