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La presse parle de FolkStock

Le Républicain Lorrain
le 02 mai 2004

Nuñez, ce Jimi Hendrix de la cornemuse

Carlos Nuñez, le plus breton des Galiciens, sera l'une des têtes d'affiche de Folkstock, festival d'envergure organisé du 7 au 9 mai aux Arènes de Metz.


Galicien de naissance, Carlos Nuñez a suivi un père antifranquiste en exil à Paris, pour poser ses bagages à Lorient. Musicien atypique, il représente la nouvelle vague de la musique celtique. Rencontre avec ce virtuose de la gaïta (cornemuse espagnole), auteur du fameux Un Galicien en Bretagne, composé avec Dan Ar Braz.

Vous avez reçu le trophée The Macallan de la gaïta au festival interceltique de Lorient. Que se passe-t-il dans la tête d'un garçon de 13 ans à ce moment précis?

Carlos Nuñez: "Quel choc! J'ai découvert un paradis, une terre bretonne qui m'était inconnue et une musique phénomène. J'ai vu venir des gens d'Irlande, d'Ecosse, pour assister à ce concert. Je me suis senti bien, comme à la maison finalement.>

Le Galicien a donc été adopté d'emblée par la Bretagne...

C.N.: "On peut même parler d'histoire d'amour. J'y ai connu ma première Guiness, ma première fille et cette grande famille de la musique celtique. Tous les musiciens de Bretagne sont mes amis.>

Et ce surnom, le "Jimi Hendrix de la gaïta", d'où vient-il?

C.N.: "Encore un coup des Américains. Ils sont très bons pour donner des étiquettes. Lorsqu'ils ont découvert cet instrument, ils l'ont immédiatement rapproché du rock'n'roll. Car la gaïta est un peu la guitare électrique de la musique celtique. Un instrument très exigeant. Il faut souffrir pour en jouer, à la manière du flamenco. En fait, mon coeur balance entre la flûte et la cornemuse, entre un amour platonique et un amour charnel. J'ai besoin des deux.>

Parlez-nous de vos prestations en concert.

C.N.: "Chaque public est différent. Après un concert, j'ai déjà reçu des invitations pour aller jouer au mariage de certains spectateurs. Au Japon, nous avons été accueillis comme des extraterrestres avec notre poulpe - il s'agissait de la cornemuse. Mais nous sommes bien reçus partout. Comme en amour, il existe mille manières de séduire un public. Or, la finalité est la même: le partage, c'est magnifique. je veux toujours parvenir à une communion et apporter de la joie.>

Vous parle-t-on encore de la pollution de la Galice, du naufrage du Prestige?

C.N.: "Oui et j'ai observé une solidarité exceptionnelle en France, surtout en Bretagne où les gens sont sensibilisés à ce problème. Pour Folkstock, comme à chaque concert, nous rendrons un hommage aux bénévoles venus nous aider.>

Un petit mot sur votre future prestation à Metz?

C.N.: "Chacun de nos concerts est une invitation au voyage. Cette fois, nous rendrons aussi hommage aux Chieftains, le groupe qui m'a accueilli après le Festival Interceltique et à mon ami Compay Segundo. Je suis pressé de jouer à Metz. La musique celtique n'y est pas très explorée et rencontrer un nouveau public est toujours exaltant.>


Recueilli par Christian JOUGLEUX
Paru le : 02/05/04 (Magazine / 7hebdo)

 

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